Ci-dessus, une des peintures du réfectoire du Camp des Milles : un ensemble unique créé par les internés (1940‑1941)
Œuvres collectives, réalisées entre l’automne 1940 et 1941 par plusieurs artistes internés, les peintures du réfectoire des gardiens constituent l’un des témoignages artistiques les plus saisissants du Camp des Milles. Elles ont été redécouvertes et restaurées en 1994, après avoir été recouvertes de poussière et de suie lorsque le bâtiment servait de menuiserie après la guerre. Ces œuvres, de grandes dimensions, sont exécutées à la craie grasse et à la peinture à l’huile sur enduit sec, dans une technique proche de la fresque. Elles sont collectives, probablement réalisées à la demande de l’administration du camp, et portent la marque de plusieurs artistes, dont Franz Meyer et Karl Bodek, identifiés par les historiens de l’art.
Les quatre murs du réfectoire : un cycle pictural entre dérision, survie et critique voilée
- Mur Est: Les Moissons et Les Vendanges 2. Mur Ouest : Le Banquet des Nations 3. Mur Nord : rêves de nourriture et humour de survie 4. Mur Sud : évasion, liberté et imaginaire
Un ensemble artistique exceptionnel de peintures qui témoigne de la créativité comme résistance dans un contexte d’internement, mélangeant humour, critique, dérision et espoir. Ces peintures constituent l’un des rares ensembles in situ d’art produit dans un camp d’internement en France. Photo Aamg

ERNEST PIGNON-ERNEST (1942 à Nice) a présenté son œuvre «Extases, les Mystiques » au cloître des Célestins à Avignon —
L’œuvre est présentée sur un plan d’eau noir, ainsi l’on voit le reflet de l’œuvre. Photo Aamg 09 2020
: enrevenantdepignon-ernest-extases-mystiques-celestins
.Ernest Pignon‑Ernest est un artiste-plasticien français, considéré comme l’un des précurseurs de l’art urbain. Depuis les années 1960, il fait de la rue son espace d’expression, en y apposant des images éphémères — dessins, sérigraphies, collages — qui interrogent la mémoire, les mythes, les révoltes et les événements historiques. Ses figures emblématiques, comme Rimbaud ou Pasolini, sont devenues de véritables icônes. Membre de l’Académie des beaux‑arts, il poursuit une œuvre engagée, poétique et profondément humaniste.
MARTIGUES &
AIX-LES-MILLES
Musée Ziem : Ernest Pignon Ernest
Les Milles : Le camp des Milles
Vendredi 6 novembre 2026
Visites guidées, déjeuner & transport en autocar
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Le Musée Ziem de Martigues consacre une vaste rétrospective à Ernest Pignon‑Ernest, figure majeure de l’art contemporain et pionnier de l’art urbain. Près de 200 œuvres, dont certaines inédites, retracent soixante ans de création : des premiers dessins réalisés en Algérie en 1962 jusqu’aux interventions les plus récentes à Haïti en 2019. Cette exposition met en lumière l’engagement artistique de Pignon‑Ernest. Ses œuvres éphémères conçues pour l’espace public, ainsi que les grandes séries ont marqué son parcours : La Commune (1971), Les Expulsés (1979), Les Arbrorigènes (dès 1983), Soweto (2002) ou encore Haïti (2019).
Un lien fort avec Martigues, le choix du Musée Ziem n’est pas anodin : l’artiste entretient un ancrage profond avec la ville depuis les années 1980. Deux interventions majeures y furent réalisées :
- Prométhée et la Martégale (1982), dont une trace est encore visible sur un mur du musée ;
- Les Arbrorigènes (1983‑1984), série née à Martigues avant de se déployer dans d’autres villes.
Le musée a également collecté la mémoire des habitants : témoignages, photographies, archives locales, qui enrichissent le parcours et rappellent l’impact durable de ces actions artistiques.
Le Musée Ziem : un écrin pour l’art graphique Fondé autour de l’œuvre du peintre Félix Ziem, le musée conserve aujourd’hui plus de 4 000 œuvres d’art graphiques. À l’occasion de cette carte blanche, Ernest Pignon‑Ernest a été invité à devenir commissaire d’exposition, sélectionnant une cinquantaine de dessins et carnets issus des collections du musée, en résonance avec sa propre démarche. : pignon-ernest.com/

Volet réflexif de SIMONE VEIL (1927-2017) déportée à Auschwitz à l’âge de 16 ans

Un parcours didactique permet de comprendre ce lieu chargé d’histoire.

Monument Historique. Un des neuf hauts lieux de mémoire français. Le Camp des Milles, ouvert en septembre 1939 au sein d’une tuilerie située à Aix-les-Milles, abrite aujourd’hui un important musée historique. Photo Aamg

Les deux usages du 2e étage de l’usine



Les fours Hoffmann équipement majeur de l’usine à cette époque. Photo Aamg

Détails sur les fours Hoffmann. Photo Aamg
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Le Camp des Milles : un lieu de mémoire majeur, entre histoire, transmission et vigilance
Le Camp des Milles, situé près d’Aix‑en‑Provence, est un lieu unique en France : seul grand camp d’internement et de déportation encore intact et ouvert au public. Installé dans une vaste briqueterie industrielle du XIXᵉ siècle, il porte un double héritage, industriel et historique, qui en fait aujourd’hui un espace de mémoire d’une puissance exceptionnelle.
Un camp d’internement au cœur de la Seconde Guerre mondiale
Ouvert en septembre 1939 dans l’ancienne tuilerie, le camp a vu passer plus de 10 000 internés originaires de 38 pays entre 1939 et 1942 . Son histoire se déploie en trois grandes périodes :
- 1939–1940 : camp pour « sujets ennemis » Internement de ressortissants du Reich, dont beaucoup étaient pourtant des antifascistes réfugiés en France.
- 1940—1942 : camp pour « indésirables » sous le régime de Vichy Surpopulation, conditions de vie très dures, arrivée d’anciens Brigadistes d’Espagne et de Juifs expulsés d’Allemagne et d’Europe centrale.
- Août-septembre 1942 : camp de déportation Plus de 2 000 hommes, femmes et enfants juifs sont déportés vers Auschwitz via Drancy ou Rivesaltes .
Le Camp des Milles est ainsi un témoin direct de l’engrenage des intolérances — xénophobie, antisémitisme, fanatisme — qui a conduit à la déportation et à la Shoah.
Un lieu marqué par la présence d’artistes et d’intellectuels
Une particularité du camp est la forte proportion d’artistes et d’intellectuels internés, parmi lesquels Max Ernst, Hans Bellmer ou Lion Feuchtwanger, des prix Nobel, des hommes politiques, des journalistes… Malgré les conditions d’internement, ils ont produit des centaines d’œuvres : peintures, dessins, sculptures, pièces de théâtre, opéras… La Salle des Peintures murales, conservée in situ, en est un témoignage bouleversant.
Un mémorial tourné vers l’éducation et la citoyenneté
Depuis 2012, le site est devenu un musée‑mémorial de référence, proposant un parcours de visite de 15 000 m² mêlant :
- salles historiques et archives,
- expositions permanentes (dont celle de Serge Klarsfeld sur les 11 400 enfants juifs déportés de France),
- dispositifs pédagogiques innovants,
- wagon du souvenir et chemin des déportés,
- espaces de réflexion sur les mécanismes qui mènent aux génocides et sur les moyens d’y résister aujourd’hui.
Le Camp des Milles est ainsi à la fois un lieu de recueillement, un centre d’enseignement, et un repère citoyen pour comprendre les dangers des extrémismes et l’importance de la vigilance démocratique .
Un parcours didactique permet de comprendre l’histoire du lieu chargé d’histoire.

MAX ERNST (1891-1976) Épiphanie (1940) — Huile sur toile — Collection Esther Grether Family — Photo Aamg — Cette peinture a été réalisée en 1940 pendant la période d’incarcération de Max Ernst au Camp de Loriol, puis au camp des Milles. Le titre de l’œuvre fait référence à la date d’achèvement du tableau , le 6 janvier, jour de l’Épiphanie.
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