En 2018, l’Association des Amis du Musée Granet s’est portée acquéreur de la sculpture en bronze de la tête de Cezanne réalisée par Louis Valtat lors d’une vente aux enchères.

Louis VALTAT (1869-1952) Tête de Cézanne
Epreuve en bronze à patine brun vert nuancé
Fonderie du Gour signée et numérotée 2/8
Haut. : 26 cm.

Louis Valtat (1869-1952) doué d’une vocation artistique, fait ses études à l’École des beaux-arts de Paris (1887-1891), puis à l’Académie Julian (1891-1892) où il fréquente Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, Félix Valloton et Albert André.

Il expose régulièrement dans les Salons annuels parisiens, (Salon des Indépendants, Salon d’Automne), à partir de 1889, année où il installe son premier atelier à Paris. Il expose également à titre personnel dans la galerie de Ambroise Vollard .

Pour raison de santé, il séjourne à Banyuls et Collioure sur les bords de la Méditerranée, et fait des excursions en Espagne, puis toujours en convalescence, il séjourne également à Arcachon. Durant ces périodes , il réalise des œuvres aux tons très vifs, il a très tôt le goût des couleurs. Au cours des années 1897-1899 passées sur la côte méditerranéenne, où il s’installe pendant l’hiver, il décide de construire une maison à Anthéor et y réside fréquemment jusqu’en 1914 . Il y rencontre Auguste Renoir qui est un des premiers acquéreurs de ses œuvres et qui l’encourage à s’essayer à la sculpture.

Louis VALTAT, l’Estaminet ou femme au cabaret (1896)
huile sur toile (136X191cm)

Sur un amical conseil de Renoir, Ambroise Vollard acquiert presque la totalité des œuvres de Valtat pendant douze ans. Durant les années 1900-1914, il fait de nombreux déplacements, en Normandie, dans le midi, en Algérie, en Italie et installe un deuxième, puis un troisième atelier à Paris. Simultanément, Louis Valtat participe activement à de nombreuses expositions à Paris, Bruxelles, Vienne, Berlin, Butapest , Prague . Il participe à des expositions collectives et des expositions personnelles dans des galeries et des musées.

En 1914, il quitte Anthéor pour s’installer rue de Wagram à Paris, et créer un quatrième atelier aux Andélys en Normandie. De 1914 à sa mort en 1952, ses déplacements le conduisent en Normandie, en forêt de Compiègne, en vallée de Chevreuse où il achète une propriété à Choisel (1924). Les séjours aux Sables-d’Olonne, à la Rochelle, au Cirque de Gavarnie (1925) , à Ouistreham, (pendant les étés de 1929-1931), au lac du Bourget (1939-1940) seront ses derniers voyages. Après l’exode et l’occupation, Louis Valtat ne quitte plus son atelier de Paris.

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Tout au long de ces nombreux voyages et excursions, sa peinture a évolué, discret, prolifique et inventif Louis Valtat trouve le moyen d’appartenir à plusieurs groupes dans le même temps, hors d’une véritable école mais avec une personnalité indépendante affirmée. Très souvent il a été précurseur ou prémonitoire – fauve sans le savoir, nabi avant la lettre, pointilliste en particulier… Son œuvre, en perpétuelle marche en avant, change, toujours précédant un mouvement au fur et à mesure des trouvailles du peintre, allant sans cesse à la rencontre de surprises et de découvertes. Louis Valtat fréquente les plus grands artistes néo-impressionnistes, fauves ou nabis à Paris, en Bretagne ou en Provence

Louis VALTAT
Les roches rouges à Anthéor 1901,
Huile sur toile (65 x 81 cm).

Ses séjours sur la Côte d’azur et à Marseille lui font connaître des artistes tout aussi amoureux de la couleur que les Fauves, comme Georges d’Espagnat, Paul Gervais, Armand Guillaumin, René Seyssaud…

Créateur protéiforme, c’est au travers de compositions aux formats importants que Louis Valtat révèle son immense talent audacieux de coloriste, reconnu pour ses tons naturels et couleurs étincelantes, et ses qualités de peintre décorateur. Ses thèmes de prédilection varient entre le paysage, la mer, la nature morte et l’intime, selon ses déplacements et ses rencontres à Paris, Arcachon, Agay ou dans le midi. Une place importante dans son œuvre est accordée à la Méditerranée qui fut souvent la source d’inspiration de ses œuvres les plus éclatantes aux couleurs violentes préfauvistes. (Exposition La Fondation Regard de Provence en 2011)

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